Se mobiliser pour la viticulture

Publié le par Michel Lachaize

P7091356La viticulture charentaise, après des mois, voire des années de stagnation, semble connaitre une certaine euphorie,  le simple signal de la reprise a fait l'effet d'une immense bouffée d'oxygène, mais ne doit pas dissimuler une crise plus profonde qui perdurerait sans la vigilance et la clairvoyance nécessaire.

Bien qu'un article de presse annonce une satisfaction pour le vignoble charentais, et indique qu'une solution efficace vient clore certaines difficultés concernant les primes à la reconversion, il ne faut pas se leurrer, de sérieux problèmes sont toujours d'actualité.

Tout d'abord, la règlementation, d'une iniquité flagrante, déséquilibre l'organisation de notre marché pourtant déjà relativement fragile.

Tout d'abord, la fiscalité, en ce qui concerne le Pineau des Charentes, est très inégalitaire, puisque celui-ci est taxé à 233€ par hectolitre contre 55€ pour les vins doux naturels, et 3€ pour les vins aromatisés industriels. Une telle injustice semble être discriminatoire à l'encontre de notre produit. Ses parts de marché diminuent, et les petits producteurs négociants s'exaspèrent de voir se réduire un marché conquit à grand peine, et ne veulent plus jouer les collecteurs d'impôts, rappelons que les taxes ainsi perçues rapportent 25 Millions d'euro à l'état. Les manifestations qui ont eut lieu et les délégations reçues par le Président du Conseil Général n'ont rien obtenu.

Ensuite, la libéralisation des droits de plantation qui se profile dans les négociations européennes, provoque une véritable et légitime inquiétude dans notre région viticole.

Si plus aucun contrôle n'est effectué en matière de droit de plantation, quel serait la prix des vignes, des investissements et du patrimoine de nos exploitations familiales? L'application d'une telle décision, provoquerait inéluctablement l'effondrement de la valeur du foncier.

D'autre part, nous savons par expérience, que l'attribution des droits de plantations, comme dans les années 197O, peut provoquer une crise grave due à la surproduction. Évitons à la région de subir  de plein fouet cette nouvelle épreuve inutile et dangereuse.

Recommencer cette politique expansionniste et anarchique, serait suicidaire pour notre viticulture. Certains auraient peut-être intérêt à un tel libéralisme, mais surement pas les viticulteurs.

Notre région, nos cantons, nos communes, ont besoin de la présence et de l'activité des Jeunes Agriculteurs pour les animer, les exploitations agricoles ont elles aussi besoin des jeunes pour les faire vivre et les moderniser. Les difficultés et les incertitudes actuelles ne sont pas incitatives pour une installation ou une transmission d'exploitation. L'actuelle réforme du système des retraites, ne reconnaît pas la pénibilité de la profession d'agriculteur, qui pourtant est un métier très dur, exposé aux intempéries, qui travaille 7 jours sur 7, parfois même jour et nuit, pour les vendanges par exemple, au détriment de sa santé bien souvent. C'est notre rôle d'élus que de défendre et de soutenir notre production viticole et ses viticulteurs, clé de voûte de notre économie, face à une réglementation de plus en plus contraignante  et même parfois aberrante.

Publicité
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article